Que de fois ai-je entendu des comparaisons entre les taxes payées à Ste-Brigitte-de-Laval et celles exigées dans d’autres municipalités. Mais cela toujours en gardant la même valeur de maison. Si votre maison était au beau milieu de la ville de Québec, pensez-vous réellement qu’elle aurait la même valeur?
De toutes les façons y a-t-il un lien logique entre les deux ? Il faut être réellement peu informé ou pas du tout sur la fiscalité municipale et le marché immobilier pour tenter d’y accoler des similarités.
Avant même de débuter l’exercice, il faudrait trouver des comparables, soit :
Une municipalité de même envergure territoriale avec des routes de même longueur et de même géographie.
Une municipalité au même stade de développement économique et démographique avec une diversité de catégorie de valeur immobilière taxable comparable.
Enfin une municipalité avec des possibilités de développement domiciliaire et commercial de même envergure avec un réseau d’aqueduc et d’égout semblable tant dans sa structure que dans son âge.
C’est pourquoi il est si difficile de faire des comparaisons pour ne pas dire presque impossibles.
Qu’on le veuille ou non, nous sommes condamnés à prospérer, car les dépenses et les frais normaux tels les matières résiduelles, les services d’incendie et de police, le déneigement, l’entretien des routes, la cote part à la MRC et d’autres dépenses courantes sont appelées à augmenter. Nous pouvons certes surveiller ces postes budgétaires pour les garder au minimum, mais ils augmenteront quand même année après année.
Peu importe la valeur immobilière de nos maisons ou immeubles, au prorata, si nous demeurons le même nombre, nous devrons subir des augmentations de taxes. Comme exemple, grosso modo, si toutes les maisons doublaient de valeur demain matin, le taux de taxation serait moitié moindre, et les revenus municipaux demeureraient exactement les mêmes.( Sauf les cotes part qui sont calculées selon des pourcentages de l’ensemble des municipalités de la MRC.)
Effectivement, même si nos immeubles valent plus, tant que les proportions sont gardées, la proportion des taxes à payer par chacun augmentera au même rythme que l’augmentation des dépenses de la municipalité. Par contre, si la valeur de nos maisons n’augmente pas, nous perdrons au change quand viendra le moment de s’en départir.
De toute façon, la valeur marchande de nos maisons est établie selon le marché immobilier et la municipalité n’a rien à y voir si ce n’est que les efforts pour instaurer des services pour les citoyens influent directement à la hausse sur la valeur du marché immobilier, ce qui nous avantage drôlement. Effectivement, c’est votre capital, votre pouvoir d’emprunt qui grandit avec la valeur marchande de vos immeubles.
Donc pour que la valeur de nos immeubles demeure comparable sur le marché immobilier régional et provincial, la municipalité se doit d’augmenter les services pour attirer de nouveaux résidents et les nouveaux résidents permettront à la municipalité d’augmenter les services sans augmentation majeure de taxes. Pour cela, il faut commencer par investir afin de les attirer ici et c’est ce qui a été fait dans les huit dernières années.
Cela a demandé beaucoup d’efforts pécuniaires de la part de chacun, mais nous commençons à récolter les fruits de ces investissements et ces mêmes investissements antérieurs permettront d’accueillir encore plus de citoyens. La route, le garage municipal, la caserne d’incendie, les infrastructures sont déjà là! Il nous reste seulement les loisirs qui sont encore un peu déficients et qui demandent des investissements. Une fois cela complété, les constructions continueront d’affluer et viendront nous aider à combler les augmentations de factures sans nécessairement avoir des augmentations de taxes comme nous en avons déjà connu.
Il faut également attirer la gent commerciale pour desservir les anciens et les nouveaux résidents. Les élus municipaux avaient débuté des projets pour attirer des commerces, la SAQ, une clinique médicale et d’autres services et j’espère que les efforts continueront dans ce sens. Les gens comprennent les raisons ayant motivé la fermeture de la caisse, mais une fermeture semblable est loin d’aider une municipalité en plein développement.
Cela a été difficile pour tout le monde de subir des augmentations de taxes il y a quelques années et certains ont dit qu’il aurait mieux valu échelonner dans le temps tous ces projets. Mais combien coûteraient ces projets aujourd’hui ? Nous devrions quand même les exécuter et les coûts dans la construction depuis cinq ans ont augmenté d’un minimum de 35 % et ils continuent de le faire. Donc avec le recul d’aujourd’hui, cela était, selon les économistes, la bonne décision.
Un exemple frappant est l’augmentation du prix de vente des maisons depuis cinq ans. Ceux qui ont préféré économiser des fonds en attendant de pouvoir se le permettre n’ont pas réussi à accumuler ce 35 % et sont pris aujourd’hui pour payer plus cher pour la même maison.
Qu’on le veuille ou non, nous vivons dans une société capitaliste et non socialiste. Et ce n’est pas la politique municipale de Ste-Brigitte-de-Laval qui pourra y changer quoi que ce soit. Il est malheureux que certains ne puissent augmenter leurs revenus ou absorber les hausses de tous les services municipaux, provinciaux et fédéraux, mais nos élus municipaux doivent gérer le développement bien planifié pour le bien de la majorité et ils doivent également prendre les décisions afin que la majorité des propriétaires puissent bénéficier des hausses du marché immobilier et ainsi préserver le capital chèrement acquis par ces derniers.
Il est malheureux, aujourd’hui comme hier, que chacun ne puisse posséder sa maison ou avoir les moyens de la garder, mais ce n’est pas la faute de la municipalité et de ses élus.
Quand les taux hypothécaires seront à la hausse, la municipalité sera-t-elle encore pointée comme responsable parce que les moins bien nantis devront vendre leur maison faute de pouvoir payer les taxes?
Quand les tarifs d’électricité, d’assurance ou autre seront à la hausse, la municipalité sera-t-elle encore pointée comme responsable parce que les moins bien nantis devront vendre leur maison faute de pouvoir payer les taxes?
Quand les prix à la consommation des denrées alimentaires, le prix de l’essence et des voitures seront à la hausse, la municipalité sera-t-elle encore pointée comme responsable parce que les moins bien nantis devront vendre leur maison faute de pouvoir payer les taxes ?
Respecter la capacité de payer des citoyens, c’est aussi respecter la conservation de la valeur du patrimoine de chacun afin de ne pas rétrograder comme certaines municipalités qui se sont développées seulement autour d’une ou deux industries autrefois économiquement rentables, mais aujourd’hui en banqueroute.
Suite au dernier budget municipal, certains ont finalement compris que peu importe les gens qui seront élus, si ces derniers ont à cœur le bien-être actuel et surtout le bien-être futur des gens de Ste-Brigitte-de-Laval, des investissements et non des dépenses sont et seront encore nécessaires pour arriver à un équilibre qui n’est pas loin, mais qui est encore à venir dans le futur. Bien que les dépenses aient augmenté de près de 10 %, mais cela était normale et prévisible.
Plus nous tarderons à atteindre ces objectifs, plus cela nous en coûtera, car tous reconnaîtront que l’indice du coût de la vie et le taux d’inflation déterminé par les gouvernements ne sont pas réalistes. Pour vivre normalement année après année, il en coûte beaucoup plus que ces pourcentages insipides basés sur des prémisses qui ne s’appliquent pas à la majorité des gens et surtout pas à la fiscalité d’une municipalité.
Je me dois humblement de lever mon chapeau devant le conseil actuel qui a constaté la situation et surtout eu le courage de modifier ses objectifs initiaux qui étaient de retarder les investissements en ce qui concerne le terrain de soccer et la maison des jeunes. M. le Maire s’est très bien exprimé dernièrement quand quelqu’un lui a demandé pourquoi la population n’avait pas été consultée pour l’achat de la Maison des Jeunes. Il a simplement répondu, et ce, presque textuellement en disant, que le 1er novembre dernier, la majorité l’avait élu pour prendre des décisions et qu’il continuerait d’en prendre pour la majorité.

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